L’académie de jazz de France depuis 1955

TEXIER Henri (1976)

Lauréat en 1976

Henri Texier - Michel Petrucciani
Fort de France, décembre 1987
©Philippe Etheldrède

Contrebassiste, multi-instrumentiste, chanteur et compositeur français (Paris, 27-1-1945).

Il commence d’étudier le piano à huit ans, et à quatorze fait partie d’un orchestre dixieland amateur. Initié au jazz moderne en 1960, il choisit de jouer de la basse l’année suivante, forme un petit groupe, puis entre dans l’orchestre de Jef Gilson. Parallèlement, il joue au Chat Qui Pêche et au Blue Note (Paris), avec Chet Baker, Kenny Drew, Bud Powell, Donald Byrd, Johnny Griffin, Bill Coleman, etc. En 1965, il organise un quintette avec Georges Locatelli (g), Alain Tabarnouval (saxes), Jean-Max Albert (tp) et Klaus Hagel (dm), participe aux Festivals de Bologne et Comblain-la-Tour. Il forme un autre orchestre, plus éphémère, avec Enrico Rava, Michel Portai, Jacques Bolognesi (tb), Locatelli et Aldo Romano. Cette année-là, il collabore aussi avec Don Cherry, Mal Waldron, Steve Lacy, Barney Wilen, et en 1966 avec René Thomas, Lee Konitz, Dexter Gordon... Après son service militaire (1967), on le retrouve aux côtés de Hampton Hawes, Dave Pike, Slide Hampton, Art Farmer (1968). C’est alors qu’il entre dans l’European Rhythm Machine constituée par Phil Woods avec Gordon Beck et Daniel Humair (1968-70). Dans les années 70, Woods étant retourné aux Etats-Unis, il forme avec Romano, Locatelli, Michel Libretti (g) et Chris Hayward (fi) le groupe Total Issue, orienté vers la chanson folk-rock, accompagne des artistes de variétés, travaille avec le trio de Jean-Luc Ponty et le Piano Conclave formé par George Gruntz et, à partir de 1976, se produit en solo, utilisant, en plus de la contrebasse, des percussions, l’oud, la flûte, la basse électrique, le violoncelle, la bombarde, le piano et sa voix. Il travaille ensuite en trio (à cordes) avec Didier Lockwood et Jean-Charles Capon (cello), puis (1979-80) en trio sax-b-dm avec François Jeanneau et Daniel Humair. Au début des années 80, il participe à plusieurs reprises au Unit de Michel Portai, se produit à la tête d’un quartette - Philippe Deschepper (g), Eric Le Lann (tp), Bernard Lubat (dm), puis Deschepper, Louis Sclavis et Jacques Mahieux (dm) - et multiplie rencontres, invitations (avec Joe Lovano, Steve Swallow et Romano, il forme le Transatlantik Quartet) et expériences (son groupe augmenté de Dewey Redman, Kenny Wheeler et du Bagad de Quimperlé avec ses trente-sept sonneurs de cornemuses et bombardes au Festival du Mans, 1987 ; un quintette avec Lovano, Redman, Wheeler et Romano en 1988), tout en jouant en trio avec Eric Barret (ts) et Romano. Au début des années 90, il enregistre avec Alain Jean-Marie et Romano, forme le quartette Azur (avec Glenn Ferris, le pianiste Bojan Zulfikarpasic et Tony Rabeson à la batterie) et participe très activement à la création de l’Union des Musiciens de Jazz.
Le son, l’enthousiasme, le tempo : trois atouts essentiels qui lui ont permis de s’imposer - à la manière un peu de Mingus ou Haden - comme un accompagnateur-interlocuteur exceptionnellement stimulant et, surtout, comme un grand bassiste-leader, catalyseur de toutes les aventures orchestrales et inventeur-fondeur d’alliages sonores inouïs. Loin du fonctionnel ronronnement et des préoccupations de vélocité olympiques, avec lui tout est question de chant.

P.C.

Blue-Bizz (J. Gilson, 1962) ; The Day When The World (P. Woods, 1970) ; Amir (1976) ; Blues Urbain (avec Capon, Lockwood, 1979) ; Syotanka (avec Humair, Jeanneau, 1979) ; La Tex au logis (« Soli Solo... Plus », 1981) ; Nebbia (1983), Grillage (1986), « The Scene Is Clean » (1991), « An Indian’s Week » (1993).