Lionel et Stéphane Belmondo (bio lauréats 1994)
Lionel Belmondo
Saxophoniste, compositeur.
Natif du Var, il grandit dans le village de Souliès-Toucas, où son père, Yvan, ancien saxophoniste de métier et directeur de l’école de musique locale, lui inculque, ainsi qu’à son frère Stéphane, le sens de l’exigence et le goût pour toutes les formes de musique. Saxophone le matin, harmonie le soir, écoute tard la nuit, la musique s’apprend à longueur de journée, par les mots et par le geste. Dans les environs, les deux frères font la connaissance de Michel Petrucciani avec lequel ils découvrent les géants du jazz moderne. Vocation oblige, et déjà un tempérament qui ne supporte par l’inactivité, Lionel Belmondo a le sens opiniâtre de l’initiative dans une région où le jazz n’est pas très représenté : en 1979, il crée le big band de l’armée de l’air pendant son service militaire ; en 1982, il accède à 19 ans à la direction de l’école de Musique du Centre Var ; en 1985, il monte le big band départemental du Var avec l’appui de son père ; en 1986, il crée le premier festival de jazz d’Hyères.
Après l’installation de Stéphane à Paris, les voyages vers la capitale se font plus fréquents. Lionel se produit dans les clubs, notamment au Bilboquet, avec son frère qu’il retrouve dans le quintet de Pierre Boussaguet auquel participe aussi le jeune Jacky Terrasson. En 1990, il décide à son tour de se fixer à Paris où il rejoint à son tour les rangs du big band de Michel Legrand. L’année suivante, il est engagé par Eric Le Lann dans un quintette qui comprend aussi Jean-Michel Pilc et Richard Bona. Sur un coup de tête, Lionel crée en 1992 avec le saxophoniste François Théberge le Big Band Belmondo qui fait les beaux lundis soirs du Duc des Lombards. Il prend aussi part au « Big One » de Jean-Michel Pilc et au quintet du batteur Simon Goubert dans lequel joue aussi Stéphane.
En 1993, les frères décident de se retrouver pour former un quintet sous leur nom auquel Lionel décide de se consacrer. Le groupe enregistre son premier album ; Lionel s’y fait entendre au soprano, un saxophone qu’il vient d’adopter. L’année suivante, Lionel et Stéphane rejoignent le groupe de la chanteuse Dee Dee Bridgewater qui a entrepris de rendre hommage à Horace Silver. Les frères ont ainsi la chance de côtoyer en studio l’une de leurs idoles. Le succès de l’album « Love and Peace » (Verve) auquel participe aussi l’organiste Jimmy Smith, les mène jusqu’aux scènes du festival de Newport et du Carnegie Hall de New York. Dans le même temps, leur quintet réalise son second album, « For All Friends », paru sur le label hollandais Challenge. A la fin de l’année 1994, l’Académie du jazz leur décerne le prix Django-Reinhardt.
De 1997 à 2003, Lionel assume la direction pédagogique de l’école de musique IACP, dont il remodèle les pratiques et l’équipe de professeurs, attaché à la transmission orale du jazz et à sa pratique au contact de ceux qui font vivre cette musique. Son expérience, son sens de la transmission, son investissement sans borne, font merveille aura contribué à donner à une génération d’apprentis jazzmen des bases déterminantes pour se lancer dans une carrière de musicien professionnel. Parallèlement à ses activités pédagogiques, Lionel Belmondo a formé le groupe Sax Generations, un ensemble comprenant douze saxophones, participé au septet du trompettiste Jean-Loup Longnon, et contribué au big band de l’arrangeur Christophe Dal Sasso. On le retrouve aussi avec son frères aux côtés du DJ Frédéric Galliano, dans des tentatives expérimentales de rencontres du jazz avec les sonorités et les rythmes issus des musiques électroniques.
A partir de 2002, c’est du côté de l’écriture et de l’arrangement que son intérêt se porte principalement. Maître d’œuvre de « Hymne au Soleil », programme autour d’œuvres de compositeurs tels que Lili Boulanger et Maurice Duruflé arrangées pour un ensemble de onze musiciens où se côtoient jazzmen et instrumentistes issus des rangs de formations classiques, Lionel Belmondo explore avec passion les proximités entre le répertoire post-impressionniste, la tradition de l’orgue liturgique français et le jazz modal. Ce premier essai débouche sur un double album, « Influence » en 2005, occasion d’une collaboration poussée avec le vétéran Yusef Lateef, et sur un disque cosigné avec le chanteur brésilien Milton Nascimento en 2008.
Après l’installation de Stéphane à Paris, les voyages vers la capitale se font plus fréquents. Lionel se produit dans les clubs, notamment au Bilboquet, avec son frère qu’il retrouve dans le quintet de Pierre Boussaguet auquel participe aussi le jeune Jacky Terrasson. En 1990, il décide à son tour de se fixer à Paris où il rejoint à son tour les rangs du big band de Michel Legrand. L’année suivante, il est engagé par Eric Le Lann dans un quintette qui comprend aussi Jean-Michel Pilc et Richard Bona. Sur un coup de tête, Lionel crée en 1992 avec le saxophoniste François Théberge le Big Band Belmondo qui fait les beaux lundis soirs du Duc des Lombards. Il prend aussi part au « Big One » de Jean-Michel Pilc et au quintet du batteur Simon Goubert dans lequel joue aussi Stéphane.
En 1993, les frères décident de se retrouver pour former un quintet sous leur nom auquel Lionel décide de se consacrer. Le groupe enregistre son premier album ; Lionel s’y fait entendre au soprano, un saxophone qu’il vient d’adopter. L’année suivante, Lionel et Stéphane rejoignent le groupe de la chanteuse Dee Dee Bridgewater qui a entrepris de rendre hommage à Horace Silver. Les frères ont ainsi la chance de côtoyer en studio l’une de leurs idoles. Le succès de l’album « Love and Peace » (Verve) auquel participe aussi l’organiste Jimmy Smith, les mène jusqu’aux scènes du festival de Newport et du Carnegie Hall de New York. Dans le même temps, leur quintet réalise son second album, « For All Friends », paru sur le label hollandais Challenge. A la fin de l’année 1994, l’Académie du jazz leur décerne le prix Django-Reinhardt.
De 1997 à 2003, Lionel assume la direction pédagogique de l’école de musique IACP, dont il remodèle les pratiques et l’équipe de professeurs, attaché à la transmission orale du jazz et à sa pratique au contact de ceux qui font vivre cette musique. Son expérience, son sens de la transmission, son investissement sans borne, font merveille aura contribué à donner à une génération d’apprentis jazzmen des bases déterminantes pour se lancer dans une carrière de musicien professionnel. Parallèlement à ses activités pédagogiques, Lionel Belmondo a formé le groupe Sax Generations, un ensemble comprenant douze saxophones, participé au septet du trompettiste Jean-Loup Longnon, et contribué au big band de l’arrangeur Christophe Dal Sasso. On le retrouve aussi avec son frères aux côtés du DJ Frédéric Galliano, dans des tentatives expérimentales de rencontres du jazz avec les sonorités et les rythmes issus des musiques électroniques.
A partir de 2002, c’est du côté de l’écriture et de l’arrangement que son intérêt se porte principalement. Maître d’œuvre de « Hymne au Soleil », programme autour d’œuvres de compositeurs tels que Lili Boulanger et Maurice Duruflé arrangées pour un ensemble de onze musiciens où se côtoient jazzmen et instrumentistes issus des rangs de formations classiques, Lionel Belmondo explore avec passion les proximités entre le répertoire post-impressionniste, la tradition de l’orgue liturgique français et le jazz modal. Ce premier essai débouche sur un double album, « Influence » en 2005, occasion d’une collaboration poussée avec le vétéran Yusef Lateef, et sur un disque cosigné avec le chanteur brésilien Milton Nascimento en 2008.
Stéphane Belmondo
Trompettiste, bugliste, compositeur.
Né le 8 juillet 1967 à Hyères (Var, France)
Dans la famille Belmondo, on dit au sujet de Stéphane que la musique est venue chez lui avant les mots. Son père Yvan, ancien saxophoniste, inculque très tôt un certain sens du métier de musicien dans l’esprit des deux frères. Stéphane a étudié les percussions et la batterie dès l’enfance, l’accordéon à huit ans, la trompette avant l’âge de dix ans. Il intègre la classe d’accordéon classique au conservatoire d’Aix-en-Provence à 12 ans, celle de cornet à pistons à 14 ans puis la classe de trompette au Conservatoire de Marseille à 16 ans. Son goût pour la scène lui viendra également très tôt : il n’a que 14 ans lorsqu’il fait danser le public sur les séries de tango et de bal musette dans le big band constitué par son père et son frère Lionel. Il formera avec ce dernier, dès 15 ans, un quintet composé de Philippe Milanta (piano), Thomas Bramerie (basse) et Bruno Ziarelli puis Vincent Séno (batterie).
En 1986, son premier prix de trompette en poche, Stéphane Belmondo « monte » à Paris, période d’innombrables rencontres, de bœufs et d’émulation. Il croise, entre autres, le chemin du pianiste René Urtreger, et du regretté Michel Graillier. Il rejoint le big band Lumière de Laurent Cugny, qui a convaincu l’arrangeur Gil Evans de venir en France contribuer au répertoire de son orchestre. L’année suivante, Stéphane fait la connaissance de Chet Baker qui se montre très encourageant à son égard. Pendant trois ans, de 1987 à 1990, il va faire partie de groupes qui font battre le cœur des clubs de jazz comme le quartet du pianiste Kirk Lightsey ou le quintet du contrebassiste Pierre Boussaguet, dans lequel jouent son frère et Jacky Terrasson. La collaboration avec Boussaguet débouche sur un disque qui lui permet d’enregistrer en compagnie du trompettiste Tom Harrell. Après une parenthèse jazz fusion dans le groupe Abus, emmené par Pierrejean Gaucher (1990), Stéphane devient l’un des solistes préférés de Michel Legrand, qui l’engage dans son big band et le fait participer à de nombreuses séances. En parallèle, il devient l’un des piliers du big band créé par son frère avec le saxophoniste François Théberge et joue avec le « Big One » de Jean-Michel Pilc, formation de treize musiciens qui marqua les esprits malgré une existence éphémère.
En 1993, les Belmondo se retrouvent pour former un quintet auquel Stéphane consacre une bonne partie de son énergie. Un premier disque est gravé cette année-là, avant que les deux frères ne rejoignent le trio de Dee Dee Bridgewater qui a le projet de chanter les compositions du pianiste Horace Silver. Par leur connaissance du répertoire et leur connivence, ils sont une pièce maîtresse de la réussite de l’album réalisée par la chanteuse, « Love and Peace » (Verve). Le second album qu’ils réalisent avec leur quintet, « For All Friends », sur le label hollandais Challenge, est à la hauteur de leur réputation grandissante. A la fin de l’année 1994, les frères reçoivent conjointement le prix Django-Reinhardt de l’Académie du jazz. – Signe que l’aura de son talent excède désormais la seule sphère du jazz, Stéphane est sollicité par Alain Bashung pour participer au disque « Chatterton ».
Curieux de se frotter à la scène américaine, Stéphane décide en 1995 d’aller vivre à New York. De Toshiko Akiyoshi à Al Foster en passant par Mark Turner et David Kikoski, il joue avec nombre de musiciens établis ou en pleine ascension. Son quartet, qui est engagé au fameux Blue Note, comprend James Hurt au piano, Ugonna Okegwo à la contrebasse et Nasheet Waits à la batterie. En parallèle, il retrouve Dee Dee Bridgewater pour une tournée qui les mène au festival de Newport et sur la scène du Carnegie Hall. Entre 1997 et 1999, sa carrière se partage entre les Etats-Unis et l’Europe. Il enregistre à New York avec le pianiste Donald Brown, tandis qu’à Paris, il participe avec son frère aux expérimentations du DJ Frédéric Galliano. Leur quintet n’est pas pour autant en sommeil puisque paraît, en 1999, un troisième album, « Infinity » (Shaï).
Avec son retour définitif à Paris, Stéphane devient un musicien très sollicité. On l’entend dans les groupes du batteur André Ceccarelli, du bassiste Jean-Marc Jafet, ou du pianiste Andy Emler dans un quintet auquel participe Dave Liebman. Il forme un duo remarqué avec le guitariste Sylvain Luc (« Ameskeri ») et est régulièrement associé à François Théberge (projet autour de Lee Konitz notamment). Il est surtout, dès le printemps 2003, l’interprète de « Hymne au Soleil », un programme d’œuvres de compositeurs français du XXe siècle tels que Maurice Duruflé, Gabriel Fauré et Maurice Ravel et Lili Boulanger, réorchestrées par Lionel pour un ensemble de onze musiciens, où se côtoient jazzmen et instrumentistes classiques.
En 2004, Stéphane consacre le premier disque qu’il signe de son seul nom à l’interprétation de chansons de Stevie Wonder. « Wonderland » est un album mûri autour de chansons qui font le pont entre l’univers du « Little Genius » et le monde du jazz. L’année suivante, lui et son frère invitent le vétéran Yusef Lateef en studio et sur scène pour un double album ambitieux « Influence ». Stéphane enregistre également auprès du batteur belge Dré Pallemaerts, avec Mark Turner et Bill Carrothers (« Pan Harmonie »). En 2007, il apparaît aux côtés d’un ancien élève, Samy Thiébault, dont il fut le professeur à l’IACP, non pas à la trompette mais à la batterie.
En 2008, dans un écrin de bois et de cordes tissé sur mesure par son frère Lionel, Stéphane a l’occasion d’enregistrer avec le chanteur brésilien Milton Nascimento, qui interprète certaines de ses plus fameuses chansons. Soliste inspiré, il vient, au bugle, enlacer la voix de son idole ou prolonger l'émotion de son chant avec un lyrisme d'une sensibilité exacerbée par la proximité et la confiance avec lui partagées.
Vincent Bessières. 2010
| < Préc | Suivant > |
|---|
