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HUCK Daniel (1997)

Lauréat en 1997

Dave Burrell, Daniel Huck
Paris, 27 septembre 2000.
© photo Jacques Bisceglia

Saxophoniste, clarinettiste et chanteur français (Paris, 22-3-1948).

Après avoir vainement essayé de jouer du trombone à quatorze ans, c’est en 1967 que Daniel Huck aborde le saxophone alto en amateur autodidacte dans le but de rejoindre son orchestre français préféré, les Jazz O’Maniacs. A part quelques incursions dans le monde du rhythm and blues ou du free jazz, sa carrière « amateur » se déroule des Famous Melody Boys (1968) à Sharkey & Co (1969) auquel il restera fidèle jusqu’en 1974, avec un bref passage chez les Jazz O’Maniacs (1970-71). Professionnel, il côtoie Gilbert Leroux (1974), Raymond Fonsèque (1975-79), avec qui il accompagne en tournée Cat Anderson, puis joue chez Olivier Franc (1975-78). Sa participation au disque de Anachronic Jazz Band en 1976 puis sa collaboration directe avec l’orchestre (1977-79) vont lui permettre de se familiariser avec le répertoire du jazz moderne qu’il aborde franchement avec le Happy Feet Quintet (1980-82) dirigé par Philippe Baudoin. Dans le même temps, il est membre du groupe « cajun » Chicot à bois sec (1979-82). En 1981, il fonde Slapscat, un quartette qui interprète des adaptations vocales en français, nettement inspiré de Slim Gaillard - que le groupe accompagne au Méridien à Paris et en concerts en France. Simultanément, il rejoint Orphéon Cèlesta, petite formation vieux style mise sur pied par Emmanuel Hussenot. A partir de 1987, il dirige un quartette, participe aux activités du groupe vocal TSF et à la fanfare jazz d’Eddy Louiss. En 1988, il se produit en duo avec celui-ci et effectue une tournée au Japon avec Slim Gaillard.
Fougue et volubilité, swing évident, humour et tendance à la « folie », telles sont les caractéristiques de ce personnage qui ne saurait laisser indifférent. Pouvant évoquer aussi bien le slap primitif de Stump Evans que les délires d’Albert Ayler, il est attiré par les racines du jazz : blues et spiritual, et par l’expressionnisme noir dans son ensemble. Ses maîtres avoués sont Coleman Hawkins et Charlie Parker, mais l’influence de Louis Armstrong et de Benny Carter est indéniable. Apprécié pour ses qualités de catalyseur et de showman, il se montre aussi l’un des plus swingants vocalistes, risque-tout du scat, revisitant souvent son idole Cab Calloway et capable d’improviser sur le champ des paroles drolatiques en français. Il est, de plus, l’un des quelques jazzmen experts en histoire du jazz.

A.C.

Jimtown Blues (Sharkey & Co, 1973) ; ’Round Midnight (Anachronic Jazz Band, 1976) ; Willow Weep For Me, Impôts Locaux (Philippe Baudoin, 1981) ; Le Secret d’Huck (Slapscat, 1982) ; P’tite pelle à colle (TSF, 1987) ; Come On D.H. (E. Louiss, 1991).